Les Arbres

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Deux pins
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Automne-15-10-22
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Février 1822
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Avril Détail
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Pluie
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Détail
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Jeune femme en Afrique, j'ai été profondément marquée par la déforestation intensive de la forêt primaire afin de planter du café et du cacao.

De ce temps là, je garde encore le souvenir des convois de camions chargés des grands troncs empilés, de l'odeur du feu, de la disparition rapide des animaux et bien avant la prise de conscience tardive actuelle, de mon angoisse à l'idée des conséquences dramatiques que cette destruction aurait sur l'environnement et le monde vivant tout entier.

Mon véritable patronyme vient du chêne et de génération en génération, ma famille a travaillé et aimé le bois.

Mon rapport à l'arbre est donc très fort:

arbres africains bien sur, mais aussi oliviers, chênes, pins parasols, acacias... Pour moi, les arbres sont les colonnes vertébrales du monde, ils nous racontent notre propre histoire, nous enseignent la sagesse et la verticalité.

Je travaille souvent en techniques mixtes, avec un finissage à la peinture à l'huile sur marouflage de papiers ou empreintes afin de retrouver la texture de l'écorce, la nervure de la feuille, l'aspect plissé du tronc où s'enfouissent mes histoires.

J'aime écrire dans ma peinture: incantations au monde, histoires, pensées sauvages, voeux, secrets...

"Les toiles sont les pages des journaux intimes des peintres" dit Zao Wou-Ki. Moi j'y confie mes indicibles, aussitôt écrits, aussitôt oubliés. 

Expliquer vient du latin Ex Plicare, soit Déplier. Mes mots sont donc des mots pliés. Ne cherchez pas à déchiffrer mes textes. Seul l'arbre peut les lire.

Ly-Rose

 

Arbres à palabres

 

"La terre africaine… brûlante, brûlée vive à l’heure actuelle, par son manque d’eau, son sida, sa course à la consommation, ses modèles occidentaux qui lui vont mal, Afrique essentielle mais en danger, vivier d’une jeunesse à l’énergie vitale débordante qui tente d’oublier son savoir ancestral et se fait violence, Afrique terre palpitante et pure, mais aussi poubelle et proie du reste de l’humanité. Afrique, tu meurs de soif le portable à la main !  Souviens toi de l'Arbre à palabres!

En Afrique, quand il y a un problème au village, on s’assoit sous l’arbre, et on parle, et ça peut durer des heures et des heures, chacun exposant son point de vue. L’arbre à palabres, c’est le lieu d’échanges et de communication par excellence. Sous l’arbre, s’opère la véritable lecture de la parole de l’autre.Dans ce monde de maintenant où la communication n’est plus forcément communicante, l’arbre me manque. Je le peins pour que les mots cessent d’être des reflets.»                                                                                                           Ly-Rose


Arbres rouges, Arbres en cage, Arbres à mots, une peinture très peinture à la palette flamboyante, un retour vers l’abstraction, la trace, le signe des choses, travail en couches successives où le végétal et le verbe s'emmêlent pour mieux donner sens à la possibilité d'un monde meilleur.                                                                                                                                                                                                                                  N. Roussot